Patrice Chéreau. Journal de travail. Apprentissage en Italie, tome 2, 1969-1971. Actes Sud 2018

par Francis Beretti

 

chereau livre t2

L’APPRENTISSAGE DE PATRICE CHEREAU
Une réflexion autour des écritures contemporaines pour le théâtre est à l’ordre du jour. En effet, le Centre national des arts du cirque, de la rue et du théâtre (2, bis rue du Conservatoire, 75009, Paris) vient d’organiser, le 15 octobre, un forum sur ce sujet. L’une des problématiques est ainsi formulée : «  Comment les auteurs s’emparent-ils des processus d’écriture en immersion ? ». Un élément de réponse nous est donné par un ouvrager récent, publié par Actes-Sud-Papiers, intitulé Patrice Chéreau. Journal de travail. Apprentissage en Italie, tome 2, 1969-1971.

Patrice Chéreau (1944-2013) était un acteur, un scénariste, un metteur en scène de théâtre et d’opéra, et réalisateur qui a joué pendant plus de quarante ans un grand rôle dans son domaine. Ses cahiers sont publiés, avec tout le soin qui convient, par Julien Centrès, doctorant en histoire à Paris I –Panthéon Sorbonne.

En 1969, Chéreau était l’invité de Paolo Grassi, au célèbre Piccolo Teatro di Milano. Il n’hésitait pas à s’affirmer à contre-courant de la mode du moment. Ainsi, à propos du remue-méninges de mai 68, il n’hésite pas à écrire : « Le mois de mai aura vu le ridicule des gens de théâtre s’essayant à la théorie politique ». Selon lui  le théâtre authentiquement militant et prolétarien devrait s’exprimer à travers le théâtre de rue ou d’agit-prop, et les professionnels devraient se remettre idéologiquement en question.
Dans sa proposition de mise en scène de La Traviata, Chéreau approuve le point de vue de Visconti sur quelques vérités de cette œuvre de Giuseppe Verdi : « C’est aussi un conte cruel sur le massacre collectif… de cette sotte, coupable d’avoir découvert avec tant d’ingénuité la respectabilité bourgeoise, et d’avoir perdu sa vérité (se vendre et donner du plaisir à une société qui ne la fait vivre que pour cela) ».

Charlotte Rampling avait accepté le rôle de Claire dans La Chair de l’orchidée (d’après James Hardley Chase), son premier film. La préface qu’elle signe pour ce livre est courte, mais elle confirme que notre star n’est pas seulement une icône au regard magnétique, pénétrant et mystérieux, mais une personne sensible, qui réfléchit et qui sait écrire. Elle traduit bien, non seulement ses propres impressions, mais l’inspiration qui animait Chéreau : « J’ai saisi qu’un certain cinéma [comme celui de Visconti des Damnés, et de Liliana Cavani, de Portier de nuit] nous aide à comprendre que les plus dures épreuves peuvent nous conduire vers une expérience existentielle, telle une sublime épiphanie. Ce cinéma-là, celui de la grandeur de la créativité, de la recherche de l’absolu, de l’émotivité sans censure, du sens de l’esthétique et d’une culture passionnée. C’est dans cet univers que Patrice, l’équipe de La Chair de l’orchidée et moi, avons trouvé notre terre d’accueil, notre lieu d’expérimentation ».

 

Patrice-Chereau-28-avril-2005-La-Villette-Paris_1_730_481http://www.la-croix.com/Culture/A-Avignon-Patrice-Chereau-dans-tout-son-eclat-2015-08-24-1347408

 

 

 

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