Corsican way of life, ed. Colonna , Joseph Antonetti, 2018

Par Marianne Laliman

Corsican Way of life ne ménage pas le lecteur.
Le recueil de Joseph Antonetti, récemment publié chez Colonna Edition, propose une trentaine de textes en corse, accompagnés de leur traduction en français. Des nouvelles, des “instantanés” bruts et certains passages qui ressemblent à une mise au point.
Le style est incisif et renforce le sentiment d’éléments livrés tels qu’ils sont, dans l’évidence de leur âpreté, de leur absurdité parfois. L’expression colle au sujet et à la manière de l’aborder. Pas de fil conducteur évident entre les textes, pas de choix narratif constant, le lecteur doit se laisser porter par l’alternance des angles de vue : ici un Je qui le fait pénétrer dans l’intime de la perversion ou de la souffrance, ailleurs une expression à la troisième personne, un regard froid et cru sur la tristesse comme sur l’horreur.

Le recueil ne ménage pas non plus les conventions.
Mort, violence, sexe, bestialité mais aussi désespoir, dégoût, regard critique porté sur l’homme et sur la société le placent aux antipodes de l’idéalisation ou encore de la nostalgie. Morceaux choisis, dans Perchè scrivu : « u passeisimu mi face cacà. U mudernisimu dinù mi face cacà », « ùn scrivu micca da discità e cuscenze (…) mancu da fà sunnià a ghjente (…) scrivu da stuzzicà a vostra mente, scrivu da favvi vede u mondu cum’ellu hè (…) da stumacavvi, da favvi rende e fegate ». On peut faire plus consensuel comme programme, mais c’est une considération qui n’entre visiblement pas dans le projet d’Antonetti, sans doute plus porté vers ce qui secoue que ce qui berce.

Une mention spéciale, toute subjective, à Settimana di Sangue et Corsican way of life, pour les confrontations inattendues que ces deux nouvelles opèrent entre Ici et Ailleurs et, peut-être, entre ce qui est et ce qui aurait pu (ou dû ?) être.
Certes, l’ensemble ne peut pas plaire à tout le monde mais il recèle une certaine variété. Pour savoir si on l’aime ou si on le déteste totalement, il faut le découvrir et, comme le souligne Marc Biancarelli qui signe la préface, on est prévenu…

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