De la poésie plein les poches, par Sam Bozino (1e partie )

A l’heure du Printemps des Poètes, nous nous proposons de dresser un rapide panorama de l’édition de poésie en format poche.

A tout seigneur, tout honneur : 2018 voit célébrer le cinquante deuxième anniversaire  de la collection Poésie/Gallimard qui a dépassé le chiffre symbolique des 500 parutions en 2016, dont la plupart sont disponibles. Au départ, la collection puisait exclusivement dans le riche fonds de la maison, la poésie étant depuis l’origine (1911) au cœur des éditions de la NRF : Claudel, Supervielle, Breton, Eluard, Char, Guillevic…C’est d’ailleurs Capitale de la douleur qui fut choisi pour le premier numéro en 1966.

jouve

La maquette de Massin, apparemment inspirée des séries de Warhol, reproduit une photo du poète, au milieu de la page blanche, en 5 exemplaires de couleur différente ; ce bandeau photo court aussi sur le dos et la quatrième de couverture. Sur cette dernière, aucune présentation comme il est d’usage dans toute autre collection. Récemment, l’identité visuelle de la collection a évolué, les photos juxtaposées laissant la place à un portrait de l’auteur devant un long rectangle qui peut être un détail de tableau, un paysage ou encore le détail d’un manuscrit. Poésie / Gallimard s’est ensuite rapidement ouverte aux auteurs étrangers et contemporains, ainsi qu’aux anthologies par siècle, par pays, par thèmes ou par genre poétique. Les parutions de 2016 font la part belle aux auteurs contemporains, pas forcément édités à l’origine par Gallimard : ainsi Jacques Darras, Abdelatif Laâbi, Anise Koltz.

les mots

Dans une chronique parue tout récemment dans le site Recours au poème et intitulée « Poétique de la collection Poésie », Eric Pistouley écrit une lettre adressée à la collection, citons-en ces quelques lignes pour clore ce chapitre : « Tes dos ont blasonné toutes les bonnes bibliothèques, des chenues jusqu’aux deux planches d’une chambre d’étudiant, semant des regards entre les titres crevassées et pâlis ! Réunie ou dispersée, quand je te vois quelque part, je me sens en compagnie. D’un lecteur? mieux : un taste-mots, un rêveur, un arpenteur musical. Il suffit d’en remarquer cinq, douze, et ils sont tous là, les Cinq cents et quelques, un panthéon au grand air. Car d’annexe de la nrf, te voici vaste et disparate académie, ouverte aux douze vents. » Un autre grand éditeur parisien, le Seuil, propose une collection dédiée à la poésie : Points Poésie, créée en tant que telle en 2006 et dirigée par la romancière Véronique Ovaldé. Elle affiche un catalogue varié, avec de prestigieux auteurs étrangers, tels Rilke, Celan, Cummings, Yeats ou Juarroz. On y trouve les grandes voix de la francophonie que sont Césaire et Senghor. Sont également présentes dans la collection des monographies sur des poètes : Char, Rilke (rédigée par Philippe Jaccottet)… Enfin, les contemporains ne sont pas oubliés, comme Bernard Noël ou Antoine Emaz. L’identité visuelle de la collection a évolué : au départ, un portrait dessiné de l’auteur en noir et blanc occupait la couverture, mais la photographie est apparue dans les volumes récents.

celan
Les autres grandes maisons de poche, en général, n’ont pas une collection spécifiquement dédiée à la poésie : c’est ainsi qu’au Livre de Poche on ne trouvera guère, à l’exception d’un Boris Vian, que les grands classiques. GF propose aussi des poètes du grand XXème siècle un peu moins en vue : Reverdy, Tzara fondateur du dadaïsme, Toulet et ses Contrerimes… De la même façon, il faut aller pêcher certaines perles dans la collection Babel d’Actes sud : outre les classiques orientaux d’Omar Khayyam et Abu Nuwas (Le Vin, le Vent, la Vie), une anthologie du grand poète palestinien Mahmoud Darwich ; mais également les Disparitions, recueil de Paul Auster : le versant poétique de l’œuvre de cet auteur, primordial pour lui qui a par ailleurs traduit en anglais des poètes français, est assez méconnu.

bauchau

 Suite           assomusanostra.wordpress.com/2018/03/16/rapide-panorama-de-ledition-de-poesie-en-format-poche-par-sam-bozino-deuxieme-partie/

 

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