Ecrivain public, aujourd’hui ? Pourquoi, pour qui ? Musanostra donne la parole …

thI5O93O7B

 

Qu’est-ce qu’un « Ecrivain public » ?
Sa définition antique renvoie au Scribe, au confident secret des puissants. Sa référence ancienne renvoie aux personnages nomades, un peu poètes, un peu mendiants de toutes les cours des miracles. Sa définition classique nous fait voir le clerc, renvoie à la mémoire des villages et des familles. Son occurrence plus moderne, plus énigmatique, renvoie aux inclassables des rues sombres des villes, respectables le jour, invisibles la nuit, avec pour icône « janusienne » la figure de Lacenaire, dramaturge par passion, écrivain public par métier, assassin par destinée…

Un écrivain, c’est un être de mots, qui ne vit et ne se fait que par les mots. C’est une plume. L’écrivain public est ce « porte plume » d’autres, ce « prête-plume » pour les autres, celui qui écrit avec et pour autrui, qui offre sa plume à quiconque a besoin d’aide pour marquer, pour transmettre, pour écrire ou s’écrire lui-même. C’est ce pierrot à deux faces qui fait s’éclairer des lunes cachées, en ouvrant le monde de sa plume.

                                                                                             Sophie Demichel Borghetti

 

Du métier d’écrivain public, de la rédaction à l’impression.

Quand on se présente en tant qu’écrivain public cela déclenche plusieurs questions : cela consiste en quoi ? Ce métier existe encore ? Vous êtes écrivain ?
Là il faut freiner ferme, prendre un temps d’arrêt, et répondre de manière précise.
Tout d’abord, l’écrivain public doit maîtriser le rédactionnel, certes, mais n’est pas forcément un écrivain, sauf s’il se fait prête-plume pour la réalisation d’un ouvrage littéraire.
Ensuite oui, l’écrivain public, depuis l’antiquité, est détenteur d’un savoir en matière de rédaction. Et oui, au 21ème siècle on a encore besoin de ses services. Mais pourquoi ? À l’ère de l’informatique-qui-sait-tout-faire ?
Eh bien oui. Rappelons que tout le monde n’est pas équipé d’un ordinateur. Ensuite, l’outil informatique, qu’il faut savoir maîtriser, ne sait pas tout faire. La grande différence avec un écrivain public tient dans le fait qu’il peut personnaliser un texte, qu’il soit au service de particuliers, de professionnels, d’organismes sociaux, d’une municipalité. Dans le cadre d’une lettre de motivation, par exemple, ce facteur est primordial. Il peut faire toute la différence lors d’un recrutement. L’écrivain public est en contact avec le demandeur, il établit une relation faite de confiance, et il doit à chaque travail adapter son écriture à la personnalité de chaque individu ; voire rédiger avec ce dernier. Il garantit l’orthographe, la syntaxe, les codes typographiques et le style, différent aussi selon le type d’écrit. Son champ d’intervention, de fait, est très large aujourd’hui. Il va de la correspondance administrative et privée, à la relecture-correction de travaux d’étudiants, l’écriture d’un discours privé ou public, la rédaction et la mise en forme de CV et de lettres de motivation, l’exercice d’ateliers d’écriture, l’élaboration des récits de vie des aïeux qui n’ont plus guère l’occasion de relater de vive voix le vécu familial pour les générations futures, etc.
Oui, ce métier est précieux aujourd’hui encore. À notre époque où l’émetteur d’un message est pressé, débordé, oublieux des règles grammaticales, rédiger ne serait-ce qu’un courriel sans fautes, ponctué correctement, est remarqué, apprécié ; il fait gagner du temps au lecteur. Car il ne faut pas oublier que le but essentiel d’un texte quel qu’il soit est d’obtenir une compréhension totale et aisée de la part du destinataire.
Pour conclure, je dirai simplement que notre métier de professionnel de l’écriture nous permet de mettre à disposition de l’autre des compétences rédactionnelles, certes, mais l’aspect relationnel de la pratique en fait sa richesse. Que le contact soit physique ou virtuel, l’expérience est stimulante. Il peut être bien difficile, ensuite, de ne concevoir l’écriture qu’isolé face à nos propres mots. Mais là, nous parlons de l’écrivain.

 

 

 

 


Catherine Vincensini

 

 

 

Écrivains publics installés en Corse.

♦ L’écho des mots, Christophe Ancelin, Ajaccio. Tél. : 06 09 81 60 73.
♦ Sophie Demichel-Borghetti, Moriani, Tel. : 0626945172
♦ La plume.com, Jean Louis Harel, Furiani. Tél. : 06 73 48 93 25.
♦ Nathalie Filippi-Paoli, Folelli. Tél. : 06 70 91 68 40.
♦ Magali Flori, Pietranera. Tél. : 06 03 93 16 84.
♦ Atelier À crayons rompus, Odile Pierron, Ajaccio. Tél. : 06 72 76 82 86.
♦ Plume d’île, Sabine Susini, Porticcio. Tél. : 06 86 84 17 17.
♦ L’atelier des mots, Catherine Vincensini, Aleria. Tél. : 06 16 19 44 69.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s