Intérieur nuit, un roman de Marisha Pessl. Gallimard « Du monde entier »(USA)

Marisha Pessl avait publié en 2006 le très apprécié La Physique des catastrophes et presque 10 ans après, c ‘est avec Intérieur nuit (Night Film), qu’elle propose un deuxième roman, en 2015, chez Gallimard , traduit par Clément Baude.
J’ai aimé ce livre un peu hybride de 718 pages qu’on ne ferme plus, un thriller qui sait intégrer à la narration des billets manuscrits, des tapuscrits résidus d’enquêtes de police, des photos, de courtes notices biographiques, des pages d’internet…L’effet de réel est fort. Il faut retenir le nom de cette jeune romancière américaine.
Dès le début on sait que tout va tourner autour de Stanislas Cordova, réalisateur mythique de films terrifiants qui ramènent le spectateur à ses propres pulsions. Bien que retiré dans son domaine du Peak, très fermé et gardé, vivant avec quelques proches, inaccessible, il continue à alimenter les rumeurs et sur internet des passionnés échangent sur ses films, entretiennent son culte. Il n’a plus produit de films mais les acteurs se souviennent, les coupures de presse rappellent des moments importants de sa vie, de sa carrière ; des voisins chuchotent qu’on livre de drôles de choses à cette famille, qu’on perçoit souvent des fumées d’incinération.

Scott McGrath, le narrateur, est journaliste et doit concilier travail et vie de famille ; il est particulièrement frustré d’avoir dû des années auparavant abandonner une enquête sur Cordova, le monstre sacré du cinéma, et s’y remet, ou replonge, dès lors qu’il croise la jeune et belle Ashley, fille de Cordova, qui se donne la mort le soir même. Pourquoi ? Son père l’avait-il détruite psychologiquement ? Quel drame vivait-elle ?

Aidé de deux adjoints bien intéressants, Nora, la femme enfant à la dérive et Hopper, jeune dealer amoureux d’Ashley et déterminé à comprendre, Scott va démêler les fils, nous amenant toujours plus loin dans la noirceur. Il sera trompé, principalement par lui-même, par son imagination ou ses préjugés, et nous avec lui, jusqu’à l’horreur. Ashley jouait du piano comme une déesse, il y a de la magie dans sa vie, mais l’horreur et le fantastique l’emportent. Réalité ou fiction ? Scott qui se veut rationnel sent que sa lucidité flanche et il a le pouvoir de nous entrainer dans les pires conjectures.

Ce livre serait plutôt, s’il fallait le définir, un savant mélange de roman d’investigation, de chroniques under ground new yorkaises, un dévoilement de certaines faces cachées de l’internet obscur et du cinéma de l’effroi, une histoire d’amour aussi avec relents de satanisme.
Excellents ingrédients quoi qu’il en soit. Un très bon moment de lecture!

Marie-France Bereni Canazzi

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s